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Livre de Bon Amour: Nouvelle traduction du Libro de buen amor

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Le Livre de bon amour raconte et chante, prie et plaisante, tout au long de plus de 1600 strophes, la plupart écrite en une adaptation du « métier de clergie » (les vers ont de 14 à 16 syllabes), les autres selon des formes lyriques inspirées de diverses traditions. Plus contemporaine de Pétrarque que de Dante, son écriture est portée par le désir spirituel du salut et par la joie carnavalesque d’un érotisme parfois cru, parfois voilé. Il puise aux sources de la tradition scolastique, mais ne dédaigne pas une veine plus paillarde. Un archiprêtre y est mis en scène, qui est également le narrateur d’aventures galantes moins biographiques que destinées à illustrer la casuistique amoureuse de façon vivante, joyeuse et légère. La mort, cependant, est plusieurs fois au rendez-vous et fait l’objet d’une méditation pleine d’émotion. Au Moyen Âge, la vie n’est pas loin de la mort et vice-versa. De là, la ronde dans laquelle le Livre entraîne son lecteur, d’aventure en aventure, de méditation en méditation. Il s’encadre mystiquement de « Joies de Marie », deux au début, deux à la fin, où s’arrête cette traduction. Entre ces prières musicales se déploie la ronde du temps, de mai à février et de février à mai, en un éternel retour du printemps si propice à l’amour. Pas de solution de continuité entre les expressions de l’amour divin et celles de l’amour charnel, quasiment bestial lors des rencontres de montagnardes. L’amour est un, à chacun de savoir à quel niveau le prendre, pour gagner le paradis. Ce n’est pas le Livre qui le commandera ; conscient de la relativité des points de vue, il remet au lecteur subtil la responsabilité du sens à trouver dans l’écriture et celle de ses choix. A-t-il été écrit en prison, comme le déclare au XVe siècle le copiste du manuscrit de Salamanque, l’un des trois principaux où est conservé ce chef d’œuvre médiéval ? En tout cas, il ne l’a pas été d’une seule traite (1330-1343), même s’il forme un tout plus cohérent que la diversité des motifs abordés ne le laisse croire au premier abord. L’identité précise de son auteur reste un mystère. Les archives de Hita ont disparu, pour la période où le dit Juan Ruiz aurait pu en être l’Archiprêtre. Plusieurs personnages, sortis d’autres documents, pourraient être ce Juan Ruiz qui fait rimer son nom avec « raiz », racine, en un projet poétique de fondation et avec un clin d’œil, peut-être, sur une érotique identité, bien propre à un homme « né sous le signe de Vénus ».
Le Livre de bon amour raconte et chante, prie et plaisante, tout au long de plus de 1600 strophes, la plupart écrite en une adaptation du « métier de clergie » (les vers ont de 14 à 16 syllabes), les autres selon des formes lyriques inspirées de diverses traditions. Plus contemporaine de Pétrarque que de Dante, son écriture est portée par le désir spirituel du salut et par la joie carnavalesque d’un érotisme parfois cru, parfois voilé. Il puise aux sources de la tradition scolastique, mais ne dédaigne pas une veine plus paillarde. Un archiprêtre y est mis en scène, qui est également le narrateur d’aventures galantes moins biographiques que destinées à illustrer la casuistique amoureuse de façon vivante, joyeuse et légère. La mort, cependant, est plusieurs fois au rendez-vous et fait l’objet d’une méditation pleine d’émotion. Au Moyen Âge, la vie n’est pas loin de la mort et vice-versa. De là, la ronde dans laquelle le Livre entraîne son lecteur, d’aventure en aventure, de méditation en méditation. Il s’encadre mystiquement de « Joies de Marie », deux au début, deux à la fin, où s’arrête cette traduction. Entre ces prières musicales se déploie la ronde du temps, de mai à février et de février à mai, en un éternel retour du printemps si propice à l’amour. Pas de solution de continuité entre les expressions de l’amour divin et celles de l’amour charnel, quasiment bestial lors des rencontres de montagnardes. L’amour est un, à chacun de savoir à quel niveau le prendre, pour gagner le paradis. Ce n’est pas le Livre qui le commandera ; conscient de la relativité des points de vue, il remet au lecteur subtil la responsabilité du sens à trouver dans l’écriture et celle de ses choix. A-t-il été écrit en prison, comme le déclare au XVe siècle le copiste du manuscrit de Salamanque, l’un des trois principaux où est conservé ce chef d’œuvre médiéval ? En tout cas, il ne l’a pas été d’une seule traite (1330-1343), même s’il forme un tout plus cohérent que la diversité des motifs abordés ne le laisse croire au premier abord. L’identité précise de son auteur reste un mystère. Les archives de Hita ont disparu, pour la période où le dit Juan Ruiz aurait pu en être l’Archiprêtre. Plusieurs personnages, sortis d’autres documents, pourraient être ce Juan Ruiz qui fait rimer son nom avec « raiz », racine, en un projet poétique de fondation et avec un clin d’œil, peut-être, sur une érotique identité, bien propre à un homme « né sous le signe de Vénus ».

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