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Les 120 journées de Sodome: le rouleau maudit de Sade en prison
Coles
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Les 120 journées de Sodome: le rouleau maudit de Sade en prison in Vernon, BC
By None
Current price: $2.99

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D'abord, parce qu'il s'agit d'un manuscrit des plus légendaires de l'histoire de nos lettres. Ecrit à la Bastille, en 1785 (plus d'un an après son arrivée), sur des pages minuscules collées bout à bout dans un immense rouleau de dix mètres. Toute la première face couverte de son écriture serrée : cette bande a été écrite en vingt soirées, de sept à dix heures, et est finie ce 12 septembre 1785. Et 37 jours pour l'autre face, mais Sade prisonnier de son propre système, condamné à une amplification qui ne laissera d'autre choix à ses protagonistes que se massacrer eux-mêmes, sans révolte, et lui de n'en être plus que le comptable – des accumulations, des listes numérotées, un tournoiement, un compte de dates et de supplices.
Alors compte quoi, sinon la légende du rouleau abandonné dans les ruines de la Bastille, retrouvé par un anonyme qui le vendra bien plus tard, sinon cette furie de survie, d'un homme que nous ne connaîtrons jamais, et qui tisse le territoire de violence, d'épouvante, de luxure et d'échappées transcendantes – comme fasciné lui-même par ces emboîtements infinis de récits – qui définissent le territoire dont il usera ensuite en musicien ou architecte, quand ici il n'y a que l'obscur ?
Nous lisons la fabrique de Sade, une fabrique qui ne dit que sa propre impossibilité, et la sienne. Et ce sommet d'écriture qui commente lui-même ses plans, ses erreurs, ses reprises, son rythme – faisant de l'abîme qu'il dresse une figure même de l'oeuvre littéraire. Lisez donc le Lautréamont et Sade, de Maurice Blanchot : il ne nous est pas possible de contourner cette monstruosité même, si c'est d'elle que nous tirons notre propre chemin pour écrire.
FB
D'abord, parce qu'il s'agit d'un manuscrit des plus légendaires de l'histoire de nos lettres. Ecrit à la Bastille, en 1785 (plus d'un an après son arrivée), sur des pages minuscules collées bout à bout dans un immense rouleau de dix mètres. Toute la première face couverte de son écriture serrée : cette bande a été écrite en vingt soirées, de sept à dix heures, et est finie ce 12 septembre 1785. Et 37 jours pour l'autre face, mais Sade prisonnier de son propre système, condamné à une amplification qui ne laissera d'autre choix à ses protagonistes que se massacrer eux-mêmes, sans révolte, et lui de n'en être plus que le comptable – des accumulations, des listes numérotées, un tournoiement, un compte de dates et de supplices.
Alors compte quoi, sinon la légende du rouleau abandonné dans les ruines de la Bastille, retrouvé par un anonyme qui le vendra bien plus tard, sinon cette furie de survie, d'un homme que nous ne connaîtrons jamais, et qui tisse le territoire de violence, d'épouvante, de luxure et d'échappées transcendantes – comme fasciné lui-même par ces emboîtements infinis de récits – qui définissent le territoire dont il usera ensuite en musicien ou architecte, quand ici il n'y a que l'obscur ?
Nous lisons la fabrique de Sade, une fabrique qui ne dit que sa propre impossibilité, et la sienne. Et ce sommet d'écriture qui commente lui-même ses plans, ses erreurs, ses reprises, son rythme – faisant de l'abîme qu'il dresse une figure même de l'oeuvre littéraire. Lisez donc le Lautréamont et Sade, de Maurice Blanchot : il ne nous est pas possible de contourner cette monstruosité même, si c'est d'elle que nous tirons notre propre chemin pour écrire.
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