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Esprit mai 2013 - De quoi se moque-t-on ?
Coles
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Esprit mai 2013 - De quoi se moque-t-on ? in Vernon, BC
By None
Current price: $22.99

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La dérision, l'ironie semblent aujourd'hui avoir conquis tous les domaines de l'activité humaine, de la politique à l'art en passant par la religion, l'habillement ou les nouvelles technologies. Cette vision perpétuellement double, par strates, représente-t-elle une lucidité bienvenue sur les faiblesses des hommes, dès lors qu'ils prétendent s'élever au-dessus de leur condition, ou masque-t-elle une absence de véritable subversion et une crainte du " sérieux " comme possibilité d'accomplir quelque chose ? Notre dossier cherche à analyser un phénomène de plus en plus présent dans les pays occidentaux, et de moins en moins subversif. L'ironie n'est plus un vecteur de critique sociale ou politique, mais devient un moyen de protection, de mise à distance d'un monde que l'on n'approuve pas mais que l'on ne parvient pas à critiquer ni à changer. Cela est également lié à la crise de la démocratie représentative, à l'impuissance perçue du politique, à l'impossibilité pour l'ironie d'avoir prise sur ce qu'elle voudrait vraiment viser (les marchés financiers, la mondialisation, etc...). Il en va tout autrement dans des régions ou des pays, où, comme on l'a bien vu pendant les printemps arabes, l'ironie "déboulonne" un pouvoir autoritaire, et où elle ne va pas sans conséquences potentiellement dangereuses. Mais le décalage des situations politiques, entre les pays où l'ironie n'est qu'une forme de conformisme et ceux où elle reste une arme critique contre le pouvoir, est particulièrement sensible quand la circulation quasi instantanée des images, notamment des images se moquant des religions, abolit les séparations géographiques et produit des rapprochements potentiellement explosifs.
La dérision, l'ironie semblent aujourd'hui avoir conquis tous les domaines de l'activité humaine, de la politique à l'art en passant par la religion, l'habillement ou les nouvelles technologies. Cette vision perpétuellement double, par strates, représente-t-elle une lucidité bienvenue sur les faiblesses des hommes, dès lors qu'ils prétendent s'élever au-dessus de leur condition, ou masque-t-elle une absence de véritable subversion et une crainte du " sérieux " comme possibilité d'accomplir quelque chose ? Notre dossier cherche à analyser un phénomène de plus en plus présent dans les pays occidentaux, et de moins en moins subversif. L'ironie n'est plus un vecteur de critique sociale ou politique, mais devient un moyen de protection, de mise à distance d'un monde que l'on n'approuve pas mais que l'on ne parvient pas à critiquer ni à changer. Cela est également lié à la crise de la démocratie représentative, à l'impuissance perçue du politique, à l'impossibilité pour l'ironie d'avoir prise sur ce qu'elle voudrait vraiment viser (les marchés financiers, la mondialisation, etc...). Il en va tout autrement dans des régions ou des pays, où, comme on l'a bien vu pendant les printemps arabes, l'ironie "déboulonne" un pouvoir autoritaire, et où elle ne va pas sans conséquences potentiellement dangereuses. Mais le décalage des situations politiques, entre les pays où l'ironie n'est qu'une forme de conformisme et ceux où elle reste une arme critique contre le pouvoir, est particulièrement sensible quand la circulation quasi instantanée des images, notamment des images se moquant des religions, abolit les séparations géographiques et produit des rapprochements potentiellement explosifs.


















