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En amont du langage
Coles
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En amont du langage in Vernon, BC
By None
Current price: $7.99

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Comment ne pas être saisi de vertige, en marchant sur les calcaires de notre haut pays, lorsque le regard croise une ammonite ? Errer ainsi sur d’anciens fonds marins soulevés, érodés, bâtis de pierres sèches et désertifiés. Aller sur ces drailles, ces routes du sel... arpenter ces granites... ces dalles polies... ces crêtes frontalières... épure... Nous sommes pétris par ces siècles, ces millénaires de rochers, ces promenades continentales, ces fractures volcaniques... Comment refuser l’idée que — dans le bas-fond de notre conscience — un souvenir fossile de tout cela n’attende que le mot juste pour s’extraire de sa gangue de pierre ? Le poème, dès lors qu’il s’attaque à l’espace, au temps, à cette traversée du langage devenu chair, est comme le moulage en creux du mystère. Ce qu’il exprime — ou tente d’exprimer — n’est pas la vérité mais son empreinte imparfaite ; une trace sur les sables, que la vague efface, ou que la vase imprime au revers du temps. Ne nous prenons donc pas trop au sérieux, nous ne sommes que des marcheurs, des errants, et nous ignorons tout de nos empreintes ; nous allons, de la majuscule au point, le temps d’une phrase, d’un poème, d’un livre... Heureux ? Vraiment ? Heureux.
Comment ne pas être saisi de vertige, en marchant sur les calcaires de notre haut pays, lorsque le regard croise une ammonite ? Errer ainsi sur d’anciens fonds marins soulevés, érodés, bâtis de pierres sèches et désertifiés. Aller sur ces drailles, ces routes du sel... arpenter ces granites... ces dalles polies... ces crêtes frontalières... épure... Nous sommes pétris par ces siècles, ces millénaires de rochers, ces promenades continentales, ces fractures volcaniques... Comment refuser l’idée que — dans le bas-fond de notre conscience — un souvenir fossile de tout cela n’attende que le mot juste pour s’extraire de sa gangue de pierre ? Le poème, dès lors qu’il s’attaque à l’espace, au temps, à cette traversée du langage devenu chair, est comme le moulage en creux du mystère. Ce qu’il exprime — ou tente d’exprimer — n’est pas la vérité mais son empreinte imparfaite ; une trace sur les sables, que la vague efface, ou que la vase imprime au revers du temps. Ne nous prenons donc pas trop au sérieux, nous ne sommes que des marcheurs, des errants, et nous ignorons tout de nos empreintes ; nous allons, de la majuscule au point, le temps d’une phrase, d’un poème, d’un livre... Heureux ? Vraiment ? Heureux.


















