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Abrégé de l’histoire générale des voyages Tome VII

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Tome VII L’on ne connaît dans les Indes, comme dans tous les pays situés sous la zone torride, que deux saisons, la sèche et la pluvieuse. Dans les Indes, cette alternative de saisons est produite par les moussons. Le mot de mousson vient du mot malais moussin, qui signifie saison ; il a été adopté par les Européens pour désigner les vents réglés et périodiques qui, dans la mer des Indes, règnent durant six mois à peu près dans la même direction, et pendant les six mois suivans dans la direction contraire. Il est vraisemblable que si la mer des Indes était aussi ouverte dans sa partie septentrionale que dans sa partie méridionale, les vents alisés qui se font sentir entre les tropiques dans l’Océan atlantique et dans le grand Océan, y souffleraient également pendant toute l’année sans aucune variation, ou pour mieux dire, il n’y aurait pas de mousson. Mais cette mer est fermée au nord, et c’est ce qui cause dans une saison le retour des nuages, qui ont été poussés dans cette direction durant une autre saison. Dans tous les climats chauds on voit, vers midi, des nuages se former sur les montagnes, lorsque le soleil darde ses rayons avec force ; et lorsqu’il est couché, ces nuages retombent, ou bien sont poussés vers la mer. C’est pourquoi au lever du soleil, lorsque les nuages n’ont pas eu le temps de s’élever, on aperçoit distinctement des montagnes qui ne sont pas visibles dans le courant du jour. Examinons maintenant la marche des moussons. Depuis le mois d’avril jusqu’au mois de septembre, les vents de sud-ouest règnent dans la mer des Indes ; ensuite il leur succède des calmes pendant quelque temps, et, depuis octobre jusqu’en mars, les vents soufflent du nord-est. D’après ce que nous avons exposé plus haut, la raison de ces phénomènes est très-simple. Au mois de mars, le soleil, qui a passé l’équateur, s’avance vers le tropique du cancer ; il échauffe les terres de l’Afrique orientale, de l’Arabie, de la Perse, de l’Indoustan, du Thibet, des presqu’îles de l’Inde, de la Chine et du Japon, beaucoup plus que les mers situées entre ces pays et la ligne. L’air qui se trouve au-dessus de ces mers est obligé, par la raréfaction produite sur les continents au nord, de se précipiter vers ce point de l’horizon ; or, tout vent qui souffle de l’équateur vers le pôle arctique prend la direction du sud-ouest. Au contraire, dans l’autre moitié de l’année, lorsque le soleil se porte vers le tropique du capricorne, et a raréfié l’air dans les parages situés au midi de la ligne, l’air, condensé le long des montagnes de la partie septentrionale de la zone torride, se presse du nord vers l’équateur. Alors le vent, qui des parages septentrionaux souffle vers la ligne, doit naturellement, quand nulle cause ne s’y oppose, suivre la direction du nord-est. On conçoit donc aisément pourquoi il succède au vent du sud-ouest. On conçoit, tout aussi aisément comment les mêmes causes s’accordent pour produire les vents périodiques. Il faut qu’une vaste étendue de terres situées près du tropique soit échauffée par le soleil, plus que les mers situées entre elle et l’équateur. Alors l’air de ces mers est forcé de se précipiter au-dessus de ces terres, et de donner naissance à un vent latéral, puis ensuite de s’éloigner de ces terres pour se porter au-dessus des mers. C’est ainsi que, dans la partie de l’Océan comprise entre Madagascar et la Nouvelle-Hollande, le vent de sud-ouest, naturel aux mers situées près du tropique du capricorne, souffle constamment ; mais dans le voisinage de la Nouvelle-Hollande, et dans une étendue de mer considérable près de ce continent, on rencontre les vents périodiques, qui depuis avril jusqu’en octobre soufflent du sud-est, et le reste de l’année du nord-ouest ; car durant ces derniers mois, l’été règne dans le continent austral. Le soleil y échauffe plus la terre que les mers voisines , et oblige l’air de se porter des parages de l’équateur vers le pôle antarctique, ce qui doit occasionner un vent de nord-ouest ; mais, d’avril en octobre, le soleil s’élève au-dessus de l’hémisphère septentrional ; alors l’air retourne du sud vers l’équateur pour se précipiter dans les espaces raréfiés, et produit les vents de sud-est. L’intervalle qui sépare les deux époques pendant lesquelles les vents opposés soufflent périodiquement est marqué par des calmes, des vents variables, des pluies, des orages, et même des ouragans : en voici la cause. Le vent opposé à celui qui a soufflé jusqu’alors, et qui souffle encore dans la partie inférieure de l’atmosphère, règne déjà dans la partie supérieure. Ces vents, qui agissent ainsi l’un contre l’autre, se maintiennent pendant un certain temps en équilibre, condensent les vapeurs qu’ils entraînent avec eux, et prennent toutes les directions possibles. Il est évident que de l’action de ces vents opposés doivent naître des tempêtes et des ouragans. Le grand nombre d’îles qui sont situées à la partie orientale de la mer des Indes, cause de grandes variations dans les vents, dont la direction, ainsi qu’on l’a vu plus haut, est déterminée par le gisement des terres. Au mois de mai le vent d’est commencé à souffler fortement à Banda, et est accompagné de pluies abondantes. Au mois de septembre, il se fait sentir à Malacca. La connaissance de l’époque des changemens de vent règle nécessairement la navigation ; car, si les marins laissent passer la saison favorable, ils sont obligés d’attendre le retour du vent, qui ne soufflera que six mois après.
Tome VII L’on ne connaît dans les Indes, comme dans tous les pays situés sous la zone torride, que deux saisons, la sèche et la pluvieuse. Dans les Indes, cette alternative de saisons est produite par les moussons. Le mot de mousson vient du mot malais moussin, qui signifie saison ; il a été adopté par les Européens pour désigner les vents réglés et périodiques qui, dans la mer des Indes, règnent durant six mois à peu près dans la même direction, et pendant les six mois suivans dans la direction contraire. Il est vraisemblable que si la mer des Indes était aussi ouverte dans sa partie septentrionale que dans sa partie méridionale, les vents alisés qui se font sentir entre les tropiques dans l’Océan atlantique et dans le grand Océan, y souffleraient également pendant toute l’année sans aucune variation, ou pour mieux dire, il n’y aurait pas de mousson. Mais cette mer est fermée au nord, et c’est ce qui cause dans une saison le retour des nuages, qui ont été poussés dans cette direction durant une autre saison. Dans tous les climats chauds on voit, vers midi, des nuages se former sur les montagnes, lorsque le soleil darde ses rayons avec force ; et lorsqu’il est couché, ces nuages retombent, ou bien sont poussés vers la mer. C’est pourquoi au lever du soleil, lorsque les nuages n’ont pas eu le temps de s’élever, on aperçoit distinctement des montagnes qui ne sont pas visibles dans le courant du jour. Examinons maintenant la marche des moussons. Depuis le mois d’avril jusqu’au mois de septembre, les vents de sud-ouest règnent dans la mer des Indes ; ensuite il leur succède des calmes pendant quelque temps, et, depuis octobre jusqu’en mars, les vents soufflent du nord-est. D’après ce que nous avons exposé plus haut, la raison de ces phénomènes est très-simple. Au mois de mars, le soleil, qui a passé l’équateur, s’avance vers le tropique du cancer ; il échauffe les terres de l’Afrique orientale, de l’Arabie, de la Perse, de l’Indoustan, du Thibet, des presqu’îles de l’Inde, de la Chine et du Japon, beaucoup plus que les mers situées entre ces pays et la ligne. L’air qui se trouve au-dessus de ces mers est obligé, par la raréfaction produite sur les continents au nord, de se précipiter vers ce point de l’horizon ; or, tout vent qui souffle de l’équateur vers le pôle arctique prend la direction du sud-ouest. Au contraire, dans l’autre moitié de l’année, lorsque le soleil se porte vers le tropique du capricorne, et a raréfié l’air dans les parages situés au midi de la ligne, l’air, condensé le long des montagnes de la partie septentrionale de la zone torride, se presse du nord vers l’équateur. Alors le vent, qui des parages septentrionaux souffle vers la ligne, doit naturellement, quand nulle cause ne s’y oppose, suivre la direction du nord-est. On conçoit donc aisément pourquoi il succède au vent du sud-ouest. On conçoit, tout aussi aisément comment les mêmes causes s’accordent pour produire les vents périodiques. Il faut qu’une vaste étendue de terres situées près du tropique soit échauffée par le soleil, plus que les mers situées entre elle et l’équateur. Alors l’air de ces mers est forcé de se précipiter au-dessus de ces terres, et de donner naissance à un vent latéral, puis ensuite de s’éloigner de ces terres pour se porter au-dessus des mers. C’est ainsi que, dans la partie de l’Océan comprise entre Madagascar et la Nouvelle-Hollande, le vent de sud-ouest, naturel aux mers situées près du tropique du capricorne, souffle constamment ; mais dans le voisinage de la Nouvelle-Hollande, et dans une étendue de mer considérable près de ce continent, on rencontre les vents périodiques, qui depuis avril jusqu’en octobre soufflent du sud-est, et le reste de l’année du nord-ouest ; car durant ces derniers mois, l’été règne dans le continent austral. Le soleil y échauffe plus la terre que les mers voisines , et oblige l’air de se porter des parages de l’équateur vers le pôle antarctique, ce qui doit occasionner un vent de nord-ouest ; mais, d’avril en octobre, le soleil s’élève au-dessus de l’hémisphère septentrional ; alors l’air retourne du sud vers l’équateur pour se précipiter dans les espaces raréfiés, et produit les vents de sud-est. L’intervalle qui sépare les deux époques pendant lesquelles les vents opposés soufflent périodiquement est marqué par des calmes, des vents variables, des pluies, des orages, et même des ouragans : en voici la cause. Le vent opposé à celui qui a soufflé jusqu’alors, et qui souffle encore dans la partie inférieure de l’atmosphère, règne déjà dans la partie supérieure. Ces vents, qui agissent ainsi l’un contre l’autre, se maintiennent pendant un certain temps en équilibre, condensent les vapeurs qu’ils entraînent avec eux, et prennent toutes les directions possibles. Il est évident que de l’action de ces vents opposés doivent naître des tempêtes et des ouragans. Le grand nombre d’îles qui sont situées à la partie orientale de la mer des Indes, cause de grandes variations dans les vents, dont la direction, ainsi qu’on l’a vu plus haut, est déterminée par le gisement des terres. Au mois de mai le vent d’est commencé à souffler fortement à Banda, et est accompagné de pluies abondantes. Au mois de septembre, il se fait sentir à Malacca. La connaissance de l’époque des changemens de vent règle nécessairement la navigation ; car, si les marins laissent passer la saison favorable, ils sont obligés d’attendre le retour du vent, qui ne soufflera que six mois après.

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