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Abélard: Amours et malheurs d’un philosophe théologien
Coles
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Abélard: Amours et malheurs d’un philosophe théologien in Vernon, BC
By None
Current price: $6.99

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Le nom d’Abélard s’est transmis de siècle en siècle avec la triple consécration du génie, de la passion et du malheur. Qu’une vie est heureuse quand elle commence par l’amour et finit par l’ambition, disait Pascal. Si la vie d’Abélard a commencé, comme elle a fini, par l’ambition, nul doute que l’amour n’y ait tenu une grande place. Il était né avec l’humeur mobile et légère, le caractère impétueux et superbe : son cœur n’était pas à la hauteur de son génie. Destiné par son père à la profession des armes, il lui était resté de cette vocation de famille le goût de la lutte, la passion de la victoire. Impatient de toute supériorité, il ne souffrait ni la contradiction, ni l’obstacle. Tout ce qu’il convoitait lui semblait dû, et dès qu’il avait fixé un but à ses désirs, il ne se reposait que dans la satisfaction conquise. Le succès obtenu, il en épuisait les jouissances avec éclat; puis il marchait, avec une ardeur nouvelle, à d’autres combats. Tel il se représente lui-même dans sa triomphante jeunesse, avant que le doigt de Dieu l’eût touché. Il avait porté dans son amour la même âpreté souveraine. Après avoir séduit Héloïse, il la sacrifia. Il avait trente-huit ans, quand il la connut. L’image d’Héloïse était profondément fixée dans son âme, plus profondément qu’il ne l’avait peut-être lui-même soupçonné...
Le nom d’Abélard s’est transmis de siècle en siècle avec la triple consécration du génie, de la passion et du malheur. Qu’une vie est heureuse quand elle commence par l’amour et finit par l’ambition, disait Pascal. Si la vie d’Abélard a commencé, comme elle a fini, par l’ambition, nul doute que l’amour n’y ait tenu une grande place. Il était né avec l’humeur mobile et légère, le caractère impétueux et superbe : son cœur n’était pas à la hauteur de son génie. Destiné par son père à la profession des armes, il lui était resté de cette vocation de famille le goût de la lutte, la passion de la victoire. Impatient de toute supériorité, il ne souffrait ni la contradiction, ni l’obstacle. Tout ce qu’il convoitait lui semblait dû, et dès qu’il avait fixé un but à ses désirs, il ne se reposait que dans la satisfaction conquise. Le succès obtenu, il en épuisait les jouissances avec éclat; puis il marchait, avec une ardeur nouvelle, à d’autres combats. Tel il se représente lui-même dans sa triomphante jeunesse, avant que le doigt de Dieu l’eût touché. Il avait porté dans son amour la même âpreté souveraine. Après avoir séduit Héloïse, il la sacrifia. Il avait trente-huit ans, quand il la connut. L’image d’Héloïse était profondément fixée dans son âme, plus profondément qu’il ne l’avait peut-être lui-même soupçonné...


















